mardi 7 septembre 2010

Expo!

Et bien oui, même complètement happés par la ville de Shanghai, nous avons fini par faire un tour à l'Exposition Universelle. Deux même, mais uniquement le soir, une fois la chaleur retombée et le gros de la foule décampé. Bon à savoir, un billet nocturne est vendu aux caisses à partir de 17h. En moins de deux minutes chrono et à moitié prix (90 Y, soit environ 10 euros). Autre bonne surprise, les femmes enceintes ont accès à la plupart des pavillons sans faire la moindre queue. Politique de l’enfant unique, va savoir, la femelle gravide semble être à la Chine ce que la vache sacrée est à l'Inde; même si la comparaison n’est pas des plus flatteuses, il n’y a pas de quoi s’en offusquer lorsque l’on sait que les files d’attente peuvent facilement atteindre les 4-5 heures.
Cela dit, même avec un tel traitement de faveur, il y a de quoi avoir le tournis en posant les pieds dans cette gigantesque kermesse. L’Expo en chiffre c’est plus de 5 km2 de surface pour un total de 246 pavillons (et quelques dizaines de milliards de dollars!). Bien sûr, on peut se poser des questions quant à l'utilité d’une exposition universelle à l’heure de la mondialisation. Et on peut être révoltés par un tel gaspillage d'argent. Il n'en reste pas moins qu'il est difficile, une fois sur place, de ne pas se laisser emporter par l’enthousiasme ambiant. Visualisez, donc, une marée humaine de Chinois accourant tous les jours et immortalisant à tout va la moindre petite parcelle de ce parc d’attractions démesuré. Et priant les rares visiteurs aux yeux débridés croisés sur leur chemin de poser avec eux...


une des nombreuses "photos de famille" avec Alex
(et, accessoirement, son fier géniteur…)
«Ces touristes chinois qu’il faut séduire à l’expo» titrait Le Figaro en avril dernier. Certes, l’exposition de Shanghai est une occasion unique pour les 192 pays présents de promouvoir leur patrimoine et leurs infrastructures touristiques. Il n’en reste pas moins que la majorité des Chinois croisés sur les lieux ont bien peu de chances de pouvoir franchir un jour les frontières de leur Empire. Curieux et touchants, à ce titre, les "passeports" vendus pour l’occasion dans les boutiques de souvenirs et la ferveur avec laquelle presque tout le monde tient à collecter le maximum de tampons: en faisant la queue, une fois de plus.

séance "stampfel" à la sortie du pavillon suisse
Touchants aussi, les dizaines de flashs crépitant devant les cimes projetées dans l'une des salles du pavillon helvète.

l'Eigger, peut-être? j'avoue ne l'avoir jamais vu en vrai...
Oui, car c’est bien entendu par le pavillon helvète que nous avons commencé la visite de l'Expo. Non pas par esprit chauvin, mais plutôt par masochisme. Group8 ayant perdu de justesse ce concours d'architecture en 2008, autant dire que mon cher et tendre avait l’air plutôt maussade en se disant que c’est le nom de son bureau qui aurait pu être en haut de l’affiche (ce qui aurait pu ouvrir une brèche sur le marché chinois, plus intéressant que le vietnamien et le singapourien réunis…)



le Lupu Bridge vu depuis le pavillon suisse
Je ne m’attarderai donc pas plus longtemps sur l’architecture du pavillon de notre petit pays (plutôt réussie à mon goût, mais je ne tiens pas à retourner le couteau dans la plaie). Juste une photo en guise de remontant: celle du panneau annonçant la panne (pratiquement quotidienne, semble-t-il) du téléphérique surmontant la structure. Il ne fait aucun doute que c’est cette originalité qui a marqué des points lors du concours (et qui fait accourir les foules, lorsque l’engin veut bien démarrer).

pas de télésiège aujourd'hui 
(tout comme il n'y en aura pas le lendemain...)
Quoi qu'il en soit, aucun d'entre nous n'a boudé son plaisir dans le carnotzet attenant au pavillon. Au menu, raclette valaisanne arrosée d'une bonne bouteille de Rivella millésimée (les glaces Mövempick, elles, étaient en rupture de stock et, de toute manière, pas de trace de l'arôme Caramelita).


Deuxième pavillon visité, la bulle britannique aux allures de hérisson de Thomas Heatherwick. Difficile à rendre en photo avec ses 60'000 tiges en acrylique ondulant au gré du vent, mais absolument fascinant.



au bout des tiges, des semences provenant de la banque des
graines du Jardin botanique de Londres...
... pour une ambiance disco des plus réussies
Autre coup de cœur, autant pour son étonnante architecture entièrement recouverte de panneaux en osier que pour sa grotte intérieure où sont projetés, entre autres, d'impressionnantes scènes de lâcher de taureaux, le pavillon espagnol.





Le pavillon français n'a quant à lui pas remporté tous les suffrages. J'avoue que j'ai pourtant beaucoup apprécié le spectacle des Chinoises jouant des coudes pour se faire photographier devant un Paris digne d'un remake d'Amélie Poulain. Et j'ai même dû essuyer une petite larme de nostalgie en passant devant la cathédrale Notre-Dame (les hormones, sans doute...).



les jardins suspendu de l'étage supérieur

Sans compter le plaisir de pouvoir admirer de près quelques uns parmi les chef  d’œuvre du Musée d'Orsay perdus de vue depuis longtemps.

ici, le Balcon de Manet pris d'assaut par les paparazzi
Cinquième pavillon visité, celui de l'Italie. Un peu de design, quelques robes, des voitures flambantes rouges et une mini réproduction de la coupole de Brunelleschi. Bof, bof, bof...





De quoi poursuivre assez rapidement notre chemin vers le secteur réservé à l'Afrique et à Amérique latine.



Hélas, même avec la meilleure volonté du monde, difficile de trouver une quelconque originalité au pavillon argentin. On a donc vite fait de se rabattre sur son restaurant: bife de lomo et empanadas. Le bonheur, quoi!






Très bonne surprise, en revanche, du côté de l'Océanie, avec un pavillon australien inspiré du fameux Ayers Rock.




Quant au pavillon chinois, nous nous sommes contentés de l'admirer de l'extérieur. S'il y en a un qui a toutes ses chances de ne pas être éphémère, c'est bien celui-là. A tout bientôt, donc!



NB: On peut également effectuer une visite de l'expo bien au calme, sans bouger de chez soi, en navigant sur Expo Shanghai Online. Sinon, pour les Européens rendez-vous à Milan, en 2015. 
 
Rendez-vous sur Hellocoton !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire